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mars 2001
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le 1er janvier 2017
SUICIDE
Un cadavre découvert à la prison centrale

L'express le 10 mars 2006

"Jean Pierre Ismaël
s'est enfermé dans la salle des archives
de la prison de Beau-Bassin
et s'est donné la mort par pendaison...

Lui, c'est un toxicomane d'une trentaine d'années,
en détention provisoire à la prison centrale de Beau-Bassin.
Son cadavre en décomposition a été découvert hier,
soit six jours plus tard.
L'incident a provoqué l'hystérie générale
du côté des détenus qui se sont rebellés.

Pourtant une odeur de cadavre empestait la prison centrale.
Mais les gardes-chiourme croyaient plutôt qu'il s'agissait d'un rat mort.
Et c'est hier qu'ils ont fait la découverte macadre,
la salle des archives du bloc B étant rarement ouverte.
La nouvelle se répand rapidement vers 17 heures.
La situation dégénère en une "petite mutinerie",
raconte un témoin présent dans l'enceinte de la prison de Beau-Bassin.
"Je n'ai jamais vu une chose pareille.
Je croyais que je n'allais pas en sortir vivant", confie-t-il.
Choqués, les détenus se rebellent et refusent de rentrer dans leurs cellules
malgré l'ordre des gardes-chiourme.
L'odeur qui se dégage de la salle semble les exciter davantage.
Peu à peu, la nervosité gagne la totalité de la population carcérale
qui se rue vers la salle où se trouve le cadavre.
Ils sont à peu près 1 200 et les gardes-chiourme n'ont aucun moyen de les contrôler.
Les manifestants veulent "protéger" le cadavre des autorités.
Et font une barrière humaine pour empêcher les gardes-chiourme d'approcher le corps de la victime.

Une heure plus tard, la Special Supporting Unit et la Prison Supporting Squad (PSS)
sont mandées sur les lieux.
La PSS ne se mêlera cependant pas de l'affaire,
ne voulant pas provoquer davantage les détenus.
Ces derniers accusent du reste la PSS d'avoir tabassé la victime
car celle-ci avait été punie il y a quelque temps, ayant brisé des néons.
Fous de colère, les détenus lancent des injures à l'encontre de la police
alors que d'autres, hystériques, demandent des garanties quant à leur sécurité.
La peur est alors généralisée.
Certains en profitent pour régler des comptes.
Un détenu, Dilloo, est sévèrement agressé au visage et aux tendons
et devra être transporté d'urgence à l'hôpital Nehru.
Les autorités pénitentiaires craignent alors de ne plus pouvoir contrôler la situation.
Ils font appel à la Special Mobile Force (SMF.)
Une soixantaine de soldats font leur entrée dans l'enceinte de la prison
et attendent pour ne pas exciter davantage les détenus.
Pendant quelques heures, la prison est sous le contrôle des prisonniers.
Session de négociations et quelques-uns, semble-t-il,
reviennent à de meilleurs sentiments et acceptent d'aider les autorités.
Ce n'est que vers 20 heures que les médecins légistes, le Dr Satish Boolell et le Dr Gungadin
peuvent s'approcher du cadavre sous forte escorte policière.
L'autopsie a confirmé que le détenu Jean Pierre ISMAEL s'est suicidé.
Il est 23 heures. L'ultimatum vient de Bill Duff, commissaire des prisons :
que les détenus rentrent dans leurs cellules ou alors ils le feront avec l'aide de la SMF.
A 23 h 30, lock-up complet.

Mais comment la victime
s'est-elle retrouvée dans la salle des archives ?

Comment se fait-il qu'un détenu ait été porté manquant pendant si longtemps
et que les autorités ne se sont aperçues de rien ?
Pourquoi les officiers responsables du counting, qui se fait six fois par jour,
ont-ils dit "All correct, Sir"quant au nombre de prisonniers
et cela pendant six jours alors qu'à l'évidence tout n'était pas "correct" ?

Pluies de questions sans réponses.
Bill Duff annonce une enquête approfondie dans "cette affaire très sérieuse".

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UNIVERS CARCÉRAL SUITE
Cadavre trouvé en prison :
Qui doit être sanctionné ?

L'express Samedi 11 mars 2006.

Sanctions sévères, dit le Prime Minister's office (PMO).
"Il faut comprendre d'abord",
répond l'administration de la prison.

La découverte du cadavre en décomposition du détenu Jean Pierre Ismaël
démontre qu'il y a un problème profond dans la gestion des prisons.

Mais une question se pose :
le fait de sanctionner quelques gardes-chiourme y apportera-t-il une solution ?
Tous ne s'accordent pas à le dire…
Deux enquêtes parallèles ont été initiées à la prison à la suite de cette découverte macabre.
D'abord, la police se penche sur le cas de "death in custody" - simple procédure.
Ensuite, exercice plus sérieux et plus compliqué,
il faut enquêter sur le fait que les autorités de la prison
ne se sont pas aperçues de l'absenced'un détenu.

Il s'agit donc de déterminer les responsabilités pour que, comme semble le vouloir le PMO,
des "sanctions sévères" soient prises pour punir cette "négligence terrible".
Car les officiers de la prison
ont accidentellement découvert le corps de ce détenu
jeudi alors qu'il s'est pendu samedi dernier.

Six jours se sont donc écoulés
pendant lesquels personne ne s'est rendu compte
qu'il était manquant.

Et il y a eu 36 exercices de counting
entre le moment où le détenu s'est tué
et celui où il a été trouvé.
Trente-six exercices au cours desquels, encore une fois,
personne ne s'est rendu compte de son absence.

Le counting se passe tous les jours à six intervalles différents.
Un premier tôt le matin, quand les détenus sortent de leurs cellules,
un deuxième avant qu'ils ne sortent pour vaquer à leurs tâches quotidiennes,
un troisième à midi alors qu'ils rentrent pour déjeuner,
un quatrième avant qu'ils ne sortent de nouveau pour reprendre leurs travaux,
un cinquième quand ils rentrent dans l'après-midi
et un dernier à l'heure du lock-up.
L'enquête qui a débuté dans la journée d'hier consiste à éplucher ces roll checks
et des gate books afin de faire la lumière sur ce qui s'est exactement passé.

"Pas de contrôle dans les prisons"
Les autorités pénitentiaires, elles, ne s'expliquent pas ce manquement.
Mais tout en reconnaissant que la situation est "inacceptable",
elles ne sont pas d'accord avec la ligne dure qu'a décidé d'adopter le PMO.
"C'est trop facile de montrer du doigt un Grade II officer.
Si l'idée est de trouver des boucs émissaires, ce n'est pas une bonne idée.
Cela ne résout aucun problème",
dit une source à la prison.

"Cet incident a démontré un problème grave :
qu'il n'y a pas de contrôle à l'intérieur des prisons.

Il faudra en tirer des conclusions."
Un de ses collègues abonde dans le même sens.
"Le système lui-même ne fonctionne pas et c'est le résultat d'années de mismanagement.
La direction ne sait pas ce qui se passe à l'intérieur.
Comment le fait de sanctionner quatre officiers va-t-il régler le problème?"

En attendant, la prison troublée de Beau-Bassin s'est réveillée "dans le calme" hier matin.
Les détenus étaient probablement épuisés par les événements de la veille
et ont répondu positivement à la requête de Bill Duff, le commissaire des prisons
"pour que tout se passe normalement".

Mais le calme n'est qu'un sursis.
Les prisonniers s'étaient calmés momentanément après avoir pris connaissance
de la décision du gouvernement de rétablir la rémission à toutes les catégories de prisonniers.
Et la mini mutinerie de jeudi a démontré que la situation peut devenir explosive à tout moment...
par Deepa BHOOKHUN

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mis en ligne en mars 2006