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mars 2001
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le 5 février 2017

Emeutes et guerres raciales
à l'Ile Maurice

Ile Maurice 21-25 février 1999

;-) ADSL :-)
émeutes et guerres raciales à maurice en 1999
émeutes et guerres raciales 01

février 1999 Ile Maurice

Au troisième jour des émeutes, retour sur le théâtre des événements dramatiques qui se sont déroulés mardi,
au sud de Port-Louis. Mercredi matin, au troisième jour des émeutes, la route de Grande-Rivière, quartier
Sud de Port-Louis, victime de sérieux troubles la veille, était désormais rouverte à la circulation.
Mais la colère des habitants est encore incrustée dans le goudron, criblé de cicatrices laissées par
les barrages. Sur le bas côté, une quinzaine de carcasses de voitures et deux autobus gisent calcinés.
Les manifestants s'en sont pris également aux ambulances, comme ils avaient saccagé, lundi, un hôpital.
Symbole de l'Etat qui,disent-ils, les méprise.
Maintenant que les policiers ont quitté la place, les badauds peuvent observer à loisir une poignée de
pompiers qui tentent, avec une seule lance à incendie, d'endiguer le feu qui, depuis ce matin, est en train
de ravager un entrepôt de meubles. Quelques centaines de mètres plus loin, au coeur de la zone industrielle,
un autre bâtiment commercial est la proie des flammes. L'Etat et les grands commerces sont les deux cibles
de la colère des plus défavorisés. "Les Créoles sont dans une grande misère ici, alors ils s'en prennent
au pouvoir, à tout ce à quoi ils n'ont pas accès. Ils ne brûlent pas parce que Kaya est mort.
Kaya, c'est terminé. On est passé à autre chose.
Maintenant, on est à l'extrême limite du conflit inter-ethnique."
;-) ADSL :-)
sega,reggae,seggae
graf Kaya

ENCHAÎNEMENTS DRAMATIQUES
La mort du chanteur, aussi troublantes en soient les circonstances, serait donc l'étincelle qui a mis le feu
au baril de poudre sur lequel la société mauricienne s'était confortablement assise, faisant semblant
de ne rien voir, de ne rien savoir. C'est en tout cas ainsi que les observateurs mauriciens,
ainsi qu'une bonne partie de la population, s'expliquent aujourd'hui les " événements ".
Les plus graves que l'île ait connus depuis la "guerre raciale" de 1968, entre créoles et musulmans,
quelques mois avant l'Indépendance. Toujours à Grande-Rivière, de l'autre côté du pont, cette fois.
Un attroupement, avec femme et enfants, devant l'entrée de la Cité Brostal. Comme son nom ne l'indique pas,
c'est un centre de détention. Tout neuf, il n'a même pas deux ans. L'immense porte blindée, qui devait en
protéger l'entrée, est abattue, depuis mardi soir, lorsque le centre fut pris d'assaut par les habitants
du quartier, libérant quelque 257 détenus. Pas de grands criminels ici, justes des condamnés pour délits
mineurs, incarcérés notamment pour consommation de gandia. Tous ont filé, sauf trois, arrivés au terme de
leur peine et qui, sagement, ont préféré la purger jusqu'au bout.
Les ex-détenus qui ne se sont pas encore évaporés dans la nature donnent un coup de main à la population
qui continue, en l'absence du moindre policier, de piller abondamment tous les recoins du bâtiment.
Drôle de prison dont le sas d'entrée est devenu une sorte de supermarché aux larrons.
Qui ressort avec un téléviseur, qui avec des sacs de nourriture. La grande cour intérieure est ouverte
à tous vents. Une alarme stridente résonne dans le quartier des cellules dont toutes les grilles sont ouvertes.
Sans complexes, un détenu sert de guide aux journalistes. Pour les riverains, la police est par trop discrète.
On ne prend pas en considération le souhait des autorités de ne point jeter d'huile sur le feu.
Quelques kilomètres au sud : Bambou. Village pauvre mais soigné, aux couleurs bariolées, aux cases fleuries.
Ici, la route est encore coupée. Des rangées de gros galets empêchent les automobiles de passer.
Quelques personnes, en bord de route, veillent au grain. L'ambiance est pourtant décontractée.
La veille, à 17h, l'endroit a pourtant été le théâtre d'un nouveau drame.
Deux jeunes hommes, Michel "Gino" Laurent, 22 ans et Leemal Ghoostia, 18 ans,
"venus juste pour voir", sont morts victimes "d'une décharge de plombs".
Un troisième est dans un état critique.

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"Qu'ont-ils fait pour mériter une mort pareille", se demandent les proches,
certifiant que les jeunes gens n'avaient pas pris part au violences. Un voisin, musulman, nous tend
une photo des deux adolescents. Leemal, joli garçon au visage encore juvénile, trinque avec sa petite sur.
On pense alors à l'horreur et l'absurdité de ces morts. Quelques musulmans, justement, se sont joints
à la colère des créoles car, explique l'un d'entre eux, "la population ne comprend pas la réaction
de la police". Il est en effet toujours difficile de comprendre les enchaînements dramatiques suscités
par la peur et la violence. Suite à ces événements, les manifestants de Bambou s'en sont pris alors au
Conseil du district de Rivière-Noire, commune jumelle de Bras-Panon. Le bâtiment tout neuf et tout moderne
a été partiellement brûlé, les vitres-miroir sont brisées. De retour sur Port-Louis, en fin de matinée,
un immense panache de fumée noire recouvre le Sud de la capitale. Une nouvelle usine en feu.
émeutes et guerres raciales à maurice en 1999
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février 1999 Ile Maurice
émeutes et guerres raciales à maurice en 1999
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février 1999 Ile Maurice
La destruction de temples, d'usines, de magasins et de stations-services appartenant aux hindous a été le
détonateur d'une nouvelle vague de violence hier. Partout dans l'île, les Hindous protestent contre
les créoles et les créoles en ont après les hindous. Et chacun craint maintenant que les musulmans
s'en mêlent. Si c'est le cas, l'île Maurice sera mise à feu et à sang. «Ce sont lescréoles qui ont
tout cassé». Ramja a du mal à cacher sa colère. A ses pieds, des vitres brisées, des papiers, des
ferrailles brûlées. C'était hier à Candos, sur la route de Quatre-Bornes. Un quartier d'hindous.
L'agence de la Mauritius Commercial Bank avait été saccagée durant la nuit, les magasins avoisinants
pillés. Plus loin, la pharmacie Capucines avait été cambriolée. «Ils ont volé des antibiotiques,
des produits de beauté. J'ai perdu 90% de mon magasin. Quand je suis arrivé vers minuit, c'était
trop tard», affirme le propriétaire. «C'est la première fois que ça arrive. Je ne comprends pas.
J'ai toujours eu des bonnes relations avec les gens du quartier. J'espère que le gouvernement va
nous aider», lâche-t-il, complètement désemparé. Les commerçants ne savent qui montrer du doigt :
les hindous ou les créoles. Mais à Candos, on est sûr d'une chose : les saccages ne sont pas le fait
des habitants. «Les hindous sont des gens pacifiques», disent-ils. Devant ce spectacle, des centaines
d'habitants de Quatre-Bornes, armés de barres de fer, de manches de pioche et de sabres sont descendus
dans la rue dès 6 heures du matin, décidés à défendre leur quartier après le saccage. Ils avaient
également découvert que des temples hindous avaient été saccagés dans le pays, à Sainte-Croix et à
Quatre-Bornes notamment, dans la banlieue de Port-Louis. Des évènements dont la presse écrite et
audiovisuelle n'avaient pas fait état, par crainte de nouvelles tensions. Venus de Paillotes et
Solférino, quartiers habités exclusivement par des hindous, ils se sont rendus dans la Cité Kennedy
qui abrite des Créoles. Ces derniers, moins nombreux, ont battu en retraite. Finalement, les Hindous
décidaient de barrer la route. «On va défendre notre quartier. On vit ici. Et on ne va pas laisser
ces créoles venir tout casser ici, tout ça parce que Kaya est mort !».
Vers 11h, des policiers de la SMF sont intervenus mais ils étaient seulement une trentaine face à
une foule qui ne cessait de grossir au fil des heures. Les forces de l'ordre dénombraient en effet
2 à 3 000 personnes en milieu d'après-midi.
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février 1999 Ile Maurice
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février 1999 Ile Maurice
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février 1999 Ile Maurice
«La police a les mains liées. Elle ne peut rien faire !», dénonce Mustapha. «Le Premier ministre a décidé
de destituer le grand patron de la Special Mobile Force, M. Reessaul, mais c'est un aveu de faiblesse.
Car c'est lui le ministre de l'Intérieur. M. Reessaul ne fait qu'exécuter ses ordres.
Il n'a pas de pouvoir de décisions Le Premier ministre ne sait pas gérer la situation, alors,
il se prend un bouc émissaire». Mustapha travaillait dans l'un des magasins pillés aujourd'hui et
fermé juqu'à nouvel ordre. «Mon travail faisait vivre ma famille. Qu'est-ce que je vais faire maintenant?
Moi, je suis à Maurice. Mon nombril est enterré ici. J'espère que le gouvernement va aider
tous les commerçants qui ont été pillés. Sinon, on ne va pas s'en sortir. Il doit agir. Tout ça, c'est de sa faute.
Il passe de communauté en communauté en faisant des promesses. Mais il ne les tient pas toutes.
Ça crée des frustrations. Nous, on ne veut pas diviser et subdiviser les communautés mais c'est bien lui
qui s'était posé comme le grand rassembleur de tous. Il disait : avec moi, pas de communalisme.
Il avait même accusé son prédécesseur d'être un anti-créole. Maintenant, il assiste aussi bien aux cérémonies
hindoues qu'aux messes chinoises. Il divise le pays». Nombreux sont les Mauriciens qui réclament la démission
du Premier ministre. «S'il n'est pas capable de gérer, qu'il s'en aille !». Mustapha ne mâche pas ses mots :
«C'est un Premier ministre en vacances. A chaque fois qu'il voyage, il faut qu'il passe par Londres.
Je suis sûr que la prochaine fois qu'il ira à la Réunion, il passera par Londres». La télé et la radio locales (MBC),
entièrement contrôlées par le gouvernement, se font de plus en plus discrètes sur les manifestations :
«Elles ne nous disent plus rien. Elles disent juste de ne pas sortir.
;-) ADSL :-)
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Kaya

(Joseph Réginald Topize)
décédé le 21 février 1999
;-) ADSL :-)
video ilemauricekaya emeutes04 (5,4 mo)
Joural télévisé Réunionnais

vidéo émeutes du 22 février 1999
Berger Agathe, seggaeman mauritius ocean indien
Berger Agathe

décédé le 22 février 1999
On ne sait plus quoi faire.
Même chez nous, on a peur», affirme Fabiola dont l'entreprise, où elle est salariée, a brûlé.
«Moi, j'aurais bien aimé voir l'enterrement de Kaya à la télévision mais même ça, on n'y a pas droit».
Les saccages de temples ont été passés sous silence par les médias pour éviter d'autres dérapages.
Mais saccages ou non, les vieux démons des querelles inter-raciales - la «haine» supposée des hindous
à l'endroit des créoles (et vice- versa) - sont à fleur de peau, d'exaspération. Pour Ouma qui enseigne
depuis à Quatre-Bornes, les nuances en la matière n'ont pas cours :
«Les créoles ne peuvent pas être égaux à nous. Ils ne viennent à l'école
que 4 jours sur 5. La plupart d'entre eux ont des parents alcooliques, même la mère. Il y a toujours
des querelles chez eux. Ils sont issus de familles de pêcheurs qui ne sont pas
intéressées à être intellectuels»
. Des propos qui hantent fort le racisme ordinaire,
la ségrégation rampante. «Nous, on travaille, on achète nos terres, nos maisons, nos voitures.
Eux, on leur donne des maisons, des cités et ils cassent tout». Pleine de certitudes et de bonne conscience,
Ouma ne comprend pas les violences qui frappent son île. «Les créoles disent qu'ils sont frustrés.
Mais quelle frustration? Les hindous sont venus ici à Maurice comme esclaves. Les créoles étaient comme nous!
Qu'ils disent plutôt qu'ils ne veulent pas s'en sortir, ils pourraient planter des fleurs, des arbres
dans leur cité mais ils n'en font rien. Nous, on investit. Eux, ils détruisent!
Le progrès, ça ne les intéresse pas».
Ouma affirme par ailleurs qu'on devrait laisser la police faire son travail.
"Ils pourraient attendre que l'enquête dise si les policiers ont tué Kaya, ou pas".
émeutes et guerres raciales à maurice en 1999
émeutes et guerres raciales

février 1999 Ile Maurice
émeutes et guerres raciales à maurice en 1999
émeutes et guerres raciales

février 1999 Ile Maurice
"Ils n'ont pas besoin de casser la banque, les magasins. De toute façon,
il n'y a qu'eux pour casser. Les hindous ne sont pas comme ça".
L'île Maurice va-t-elle vers une nouvelle guerre civile inter-raciale?
Ici, de nombreuses personnes le craignent.
«Avant l'Indépendance, le gouvernement a voulu opposer les créoles aux hindous mais finalement,
les conflits se sont produits entre les créoles et les musulmans», rappelle Harry,
un vieux Mauricien de 70 ans. Les musulmans , commerçants pour la plupart, restent pour l'instant
à l'écart de ces querelles. Seuls des jeunes sont venus prêter main-forte aux habitants
de Roche-Bois lors des manifs. Mais leur silence fait peur. Et s'ils se réveillaient?
«Le pays serait à feu et à sang. Ici, les Musulmans sont puissants. Ils ont des armes sophistiquées
et se promènent en 4x4...» Les concernant, la vox populi est peu amène; elle leur prête,
généralisation oblige, bien des méfaits. Ignorance et crainte mêlée constituent un mélange détonant:
«Ce sont eux qui gèrent les trafics de drogue à Maurice. Généralement, on les laisse tranquilles.
Parce que même s'il y a des divisions entre eux, ils deviennent méchants dès qu'il y a un de leurs
membres qui est touché. Il ne faudrait pas qu'ils s'organisent. Sinon, on est foutus».

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http://ilemauricekaya.free.fr

le 5 février 2017

mis en ligne le 5 février 2017