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mars 2001
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le 1er janvier 2017

La leçon de dignité de Mme Véronique Topize

Nous comprenons parfaitement le malaise qui empeste, depuis, certaines sections de la force policière.
Il n'est jamais agréable de crever un abcès, ni de mettre un ou des collègues au pied du mur ou sur la sellette.
Mais d'un autre côté, la population mauricienne ne pourra pas vivre éternellement avec cet abcès purulent sous le nez.
Il serait dangereux pour tous de laisser se renforcer le sentiment général que nous sommes une république bananière
car il y a une loi pour le commun des mortels, fut-il un Kaya, et une autre pour les représentants de l'ordre public,
pour les gardiens de la loi ; le sentiment qu'on tolère à l'Hôtel du Gouvernement une politique de deux poids et de deux mesures ;
le sentiment qu'il y a des Mauriciens plus égaux que d'autres.

Les casernes centrales, l'Hôtel du Gouvernement peuvent vouloir nous raconter ce qu'ils veulent.
Mais qu'ils ne s'étonnent pas si nombreux sont ceux qui leur répondent : Kaya !
quand ils leur demandent de faire confiance à la force policière.

Seule la Vérité, toute la Vérité, rien que la Vérité, est en mesure de dissiper les zones d'ombre entourant le décès de Kaya.
Seule, elle est en mesure de dissiper le brouillard qui nous empêche de voir la Lumière au bout de ce tunnel.
Seule la Vérité totale nous rendra notre dignité d'enfants d'une île Maurice respectueuse des droits de chacun de ses enfants,
en commençant par les plus démunis. Tolérer plus longtemps, en hauts lieux, la confusion postKaya,
c'est retarder d'autant la Libération de la Classe ouvrière. Espérons seulement qu'au moins cette dernière mise en garde
sera parlante à certains qui prétendent avoir consacré leur vie à cette cause sacrée.

L'initiative d'offrir à Kaya une décoration posthume, si noble puisse-t-elle être, si méritée puisse-t-elle être,
ne saurait effacer l'affront national fait à plusieurs sections de la population mauricienne dont la classe ouvrière,
la communauté artistique et plus particulièrement la fraternité des ségatiers et autres chanteurs de reggae.

Et Mme Véronique Topize nous offre un bel exemple de dignité en refusant de se prêter à un tel simulacre.
Un hochet honorifique, si prestigieux soit-il, ne saurait planter cette Vérité et cette Justice souhaitées et exigées par tous.
Kaya, le premier, n'aurait jamais permis qu'on salisse la mémoire d'un chanteur tué dans l'exercice de ses fonctions,
en permettant à ceux, qui tolèrent l'impunité des meurtriers concernés, d'épingler un ruban sur son cadavre.

L'initiative était justifiable. Elle rendait hommage à quelqu'un qui a su rendre à son peuple de Roche-Bois
et des régions similaires sa dignité d'enfants de l'île Maurice à part entière, rendre à son peuple le respect qui lui est dû
en dépit des lacunes criantes de son environnement immédiat et du sous-développement dans lequel les autorités l'enlisent.
Mais le Vrai, le seul hommage que l'île Maurice peut rendre à son Griot préféré, c'est de faire éclater toute la Lumière voulue,
toute la Justice requise, sur les circonstances de sa mort.
Aucun hommage national ne saurait être rendu
tant que les responsables de sa mort n'auront pas publiquement reconnu leur forfait ou leur négligence
et ne seront pas allés sur sa tombe lui demander publiquement pardon, à lui et à tous les siens.

Alors, peut-être, l'île Maurice pourra tourner la page, pardonner et envisager la possibilité d'une éventuelle compensation.
Après tout, ce n'est pas nous qui permettons que des Kaya meurent mystérieusement dans des cellules policières.

par Yvan Martial

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Véronique Topize

M. Patrick Michel, dans «Le Mauricien» du 13 mars 2002, apprend à ses lecteurs que l'épouse du chanteur légendaire Kaya,
Mme Véronique Topize, a refusé que les insignes de Grand Officier de l'Ordre de l'Etoile et de la Clé (GOEC)
soient accordés à son époux à titre posthume.

Cette information n'ayant pas été infirmée depuis, nous sommes en droit de la tenir pour fondée.
Et cela nous réjouit d'autant que rares sont les informations à nous offrir une telle leçon de dignité.

Le geste d'offrir une des plus hautes de nos distinctions républicaines à un chanteur du calibre de Kaya
honore en partie le présent gouvernement.
En partie seulement, car s'il n'est absolument pas responsable des circonstances entourant le mystérieux décès du chanteur sans frontières
(de classe ni de race) que demeure l'inoubliable Kaya, on ne peut pas, hélas, soutenir que l'enquête, permettant de situer plus précisément
les responsabilités d'une disparition aussi tragique que regrettable, ait beaucoup progressé.
Certes, tout gouvernement, aux prises avec tant de problèmes tous azimuts, surgissant jour après jour, ne peut, toute affaire cessante,
consacrer uniquement son temps et son énergie à retrouver le ou les meurtriers de Kaya. Le présent gouvernement est d'autant impuissant
que cette énigme demeure insoluble qu'au début de cette année a eu lieu la reprise de l'enquête judiciaire sur ce décès,
survenu dans une cellule policière. Le 10 janvier 2002, S.H. le magistrat Kam Sing décidait,
suite à une motion du représentant du ministère public,
de clore cette enquête judiciaire.
Le Dr Pravin Kumar Oogarah avait auparavant fait savoir que les tests post-mortem n'avaient pu déterminer les causes du décès de Kaya.
A en croire «l'express» du 11 janvier 2002, ce pathologiste aurait soutenu en Cour que le Pr Graham, neurologue
de l'Université de Glasgow, n'est pas arrivé à une conclusion définitive quant aux causes de ce décès.
«Week-End» du 13 janvier 2002 titrait peu après «Affaire Kaya : réouverture et fermeture de l'enquête judiciaire dans la confusion».

Nous partageons d'autant ce sentiment de confusion extrême et intolérable que trois ans après la mort de ce chanteur emblématique,
trois mois après la clôture de cette enquête judiciaire, non seulement rien n'est venu dissiper cette confusion
mais encore nous nous sentons réellement embarqués impuissants pour les calendes grecques.
Le 24 février 2002, Véronique Topize, résumait avec justesse pour «Week-End» le sentiment général de la population mauricienne :
«Ceux qui avaient la garde de Kaya auraient dû être arrêtés» car leur responsabilité est indiscutable.
De deux choses l'une : soit Kaya est mort de cause criminelle ; soit il l'est de cause naturelle.
En décidant de l'arrêter pour avoir fumé du gandia en public et de le détenir à Alcatraz, les autorités policières ont pris la décision
de le confier à un certain nombre de policiers, placés sous les ordres d'un chef hiérarchique.

Si la cause du décès de Kaya est d'ordre criminel, ces policiers sont responsables de ce qui est arrivé, soit en y participant,
soit pour avoir permis aux meurtriers d'opérer à l'intérieur d'un bloc de cellules placé sous leurs responsabilités,
soit encore pour n'avoir pas empêché ses meurtriers d'agir.

Si la cause est naturelle, ils doivent pouvoir expliquer comment un chanteur de l'âge de Kaya peut mourir de la sorte
sans la moindre souffrance, sans offrir le moindre symptôme prémonitoire d'une mort aussi inattendue et aussi mystérieuse,
sans pousser le moindre cri, le moindre gémissement, le moindre râle.
Si Kaya était souffrant au point d'agonir et de rendre l'âme,
pourquoi ne l'a-t-on pas conduit à l'hôpital et confié à la Faculté ?

la.vie.Catholique.one.line


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le 1er janvier 2017

Mis en ligne le 21 février 2003