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mars 2001
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le 1er janvier 2017
George Corette jongleur du son
L'express Dimanche 13 février 2005 - No. 15333

Percussionniste et arrangeur, en trente ans de carrière,
George Corette a marqué de son empreinte la musique mauricienne.
Son dernier travail en date :
Exterminator, le prochain album solo de Blakkayo
qui doit atterir bientôt dans les bacs.


Dans le milieu, c’est ce qu’on appelle une patte. Un gage de qualité.
Quand George Corette signe les arrangements d’un album, on peut être sûr de deux choses.
Il y a mis du temps. Il y a mis du cœur.

Le percussionniste et arrangeur a pris le temps d’écouter battre son cœur au contact d’un texte,
d’une sensibilité. Qu’elle soit séga, seggae ou ragga. Le son, il aime cela.
Son dernier «bébé» en date est, Exterminator, le deuxième album solo de Blakkayo.
Sa sortie, plébiscitée par Meli Melo, est prévue pour la fin de juillet.

«Pour que les pulsions passent, je fais de la musique qui a du caractère.»
Homme de l’ombre, c’est à l’oreille, au feeling, qu’il établit le plan rythmique, morceau par morceau.
Il ne faut surtout pas trahir une influence, suivre la mode.
Mais plutôt, rechercher la pureté du son.

Véritable base de la musique, le plan rythmique divise le temps, marque la mesure
et encadre congas, djembe, marakass, batterie…
«Mon travail, consiste avant tout à écouter.»

Quand George Corette en parle, on a l’impression qu’il ne s’arrête jamais.
Pour mélanger les couleurs d’Exterminator, il s’est d’abord repassé en boucle
les opus précédents de Blakkayo. Sa période avec les Otentik Street Brothers
et sa première sortie solo, Tchek to life.

«Adolescent brigand»

Etape suivante : se laisser envahir par les textes, d’où transpirent la conscience sociale du rappeur :
drogue, inégalité de chances, la vie dans les «ghettos.»
Un contexte d’autant plus parlant que George Corette se définit lui-même comme un
«gosse de la rue qui hantait les artères de Tranquebar et de Sainte Croix.»

A 48 ans, ses joues concaves, ses dents gâtées et sa mince silhouette,
portent les traces de son «apprentissage de la vie.»
C’est comme cela qu’il préfère appeler son enfance défavorisée.
Septième de dix enfants issus d’un père tailleur, George Corette est l’enfant turbulent
puis l’adolescent «brigand» qui vit de fruits sauvages et de poissons pêchés dans le ruisseau du Pouce.

«Mone fer ziska quatrième.» Parcours tronqué qui ne l’empêcha pas de fréquenter le Conservatoire de St Ouen,
à côté de Paris, pendant deux ans.

«Quand on m’a demandé mon certificat d’études, je leur ai parlé des maisons en tôle de Maurice,
en leur disant que j’avais tout perdu, parce que ma maison avait été endommagée par un cyclone.»

Conjuguant sa débrouillardise avec sa furieuse envie de fuir la monotonie,
George Corette se fait engager dans les Blue Stars.
Avec des groupes successifs, le musicien passera la moitié de sa vie en Guadeloupe et en Martinique.
Avant de visiter plus d’une vingtaine d’autres pays.
«Etre musicien, c’est prendre le risque de survivre. Sa vie est incomplète, s’il ne va pas voir ailleurs.
Il faut que le musicien se libère de ses complexes, qu’il ne panique pas dès qu’il entend dire
qu’il devra jouer avec quelqu’un qui a accompagné Michael Jackson ou Quincy Jones.
Tant qu’il aura peur, il restera un amateur.»

Un être à part

Pour forger ses compétences, George Corette s’est frotté en vrac à Kaya, Megaravanne,
Traditional Odyssée et Dalma Dalma, le dernier album de Michel Legris.
«Celui que je respecte le plus est Ernest Wiéhé, parce qu’il est complet.
Il est capable d’assurer à la fois la rythmique et l’harmonique.
Moi, quand je cale sur l’harmonique, j’ai recours à Noël Jean.»

Mais bien qu’il traîne ses compétences dans l’industrie musicale depuis une trentaine d’années,
ce fort en gueule est resté un être à part. Avec lui, pas de famille musicale.
Si «les plans rythmiques sont infinis, il nous suffit de les trouver,» un calcul lui échappe :
le plan financier. La porte de son antre de Goodlands ne s’entrouvre que pour une poignée de gens.
Car pour jongler avec les sons, il faut aussi savoir s’isoler des bruits de la vie.



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le 1er janvier 2017

mis en ligne le 21 février 2005