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mars 2001
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le 1er janvier 2017
LES DROGUES DANS L'OCÉAN INDIEN

Kaya et l'exemple mauricien

Le zamal pousse aussi dans les autres îles de l'océan indien, aux Comores ou aux Seychelles.
Madagascar et Maurice sont sur la sellette, suspectées d'être des plaques tournantes pour le cannabis, mais aussi d'autres drogues
comme l'héroïne. C'est pourtant bien le zamal qui est à l'origine de l'affaire Kaya, qui a secoué Maurice il y a un an.
La Réunion n'est pas la seule île de l'océan Indien qui lutte contre les trafics de stupéfiants.
Selon le colloque qui s'est tenu à Madagascar l'année dernière, elle reste d'ailleurs préservée des grands trafics,
contrairement à Maurice ou Madagascar par exemple. Les Douanes « ciblent » d'ailleurs une partie de leurs contrôles
en fonction de la provenance des personnes et marchandises. Sur la sellette, Maurice et Madagascar, justement.
Mada se fait un grand commerce de « rangoni », le zamal local cultivé par champs entiers dans le Nord de la Grande Ile.
La rumeur veut que des petits îlots soient ensuite utilisés comme plaques tournantes, les trafiquants se déplaçant par bateau
ou par hélicoptère.
Il n'est pas difficile de trouver du « rangoni » à Madagascar, où il est conditionné sous forme de « bananes ».
Les quantités équivalentes à 100 francs sur le marché réunionnais sont vendues là-bas pour 5 francs.
La loi punit sévèrement les contrevenants, qu'ils soient usagers ou trafiquants.
Les voyageurs étrangers pris sur le fait parviennent généralement à se soustraire à la justice malgache
en versant des bakchichs.

Au Comores, la junte au pouvoir a décidé de durcir la répression envers les trafiquants
et les autorités opèrent régulièrement des saisies. Aux Seychelles, la simple consommation est réprimée durement,
même s'il y existe des fumeurs réguliers, de confession rastafari pour la plupart.

A Mayotte, même si l'île semble peu touchée par le phénomène drogues pour l'instant, les autorités ont décidé
de mettre en place un plan d'information et de prévention. Télé-Mayotte a par exemple reçu une série de spots télévisés
en provenance de métropole. Si le principal fléau mahorais en matière de produits psychotropes reste l'alcool,
le zamal a tendance à se généraliser, tout comme la consommation de médicaments.

Subutex et héroïne

Il n'y a eu pour le moment aucune saisie d'héroïne ou de cocaïne à Mayotte, les prix étant d'ailleurs dissuasifs
(respectivement 700 et 1000 francs le gramme). En revanche, les médicaments se trouvent facilement dans les dispensaires.
Sur Petite-Terre, des jeunes prennent des médicaments et les mélangent avec l'alcool. Dernièrement, nous avons eu
plusieurs cambriolages de dispensaires. Les principaux médicaments volés sont de la famille des anti-dépresseurs ou des somnifères,
indiquait récemment le Quotidien, dans un article sur la prévention contre la toxicomanie à Mayotte.
Mais c'est à l'île Maurice que le problème des drogues apparaît comme le plus crucial.
Le mélange héroïne et Subutex y a fait 11 morts au cours du premier trimestre de l'année.
Régulièrement, des toxicomanes doivent être amputés du bras ou de la jambe, suite à des septicémies contractées
lors d'une mauvaise piqûre.
La peine de mort a bien été abolie dans l'île Soeur, mais le président ne l'ayant pas promulguée officiellement,
certains continuent de réclamer son application pour les trafiquants de drogue. Lesquels sont souvent étrangers,
pauvres de surcroit, comme les passeurs tazaniens ou sri-lankais. La loi mauricienne ne fait pas de différence
entre les diverses substances.

L'affaire Kaya, en février 1999, a mis en exergue la politique menée par les autorités
et s'est rapidemment muée en affrontement communaliste. Tout commence dès la première semaine de février,
lorsque le Mouvement républicain se choisit comme nouveau cheval de bataille la dépénalisation du « gandia »,
le zamal local.
Après une campagne d'affichage, il organise en février un grand concert. Plus de 2000 personnes se pressent
à la manifestation et réclament « La libération avant le 31 décembre de tous les consommateurs emprisonnés
à Maurice
». Ils représenteraient, selon le parti, la moitié des détenus.
Plusieurs participants fument du zamal au nez et à la barbe de la police qui n'intervient pas pendant le concert.
Le lendemain, en revanche, les policiers interpellent à leur domicile plusieurs consommateurs et participants,
au nombre desquels Joseph Reginald Topize, plus connu sous le pseudonyme de Kaya, un terme qui désigne le « joint »
en créole mauricien.

"Accident de mur"

Le chanteur, inventeur du « seggae », est inculpé de consommation de drogue et incarcéré à Port-Louis,
dans une geôle désignée sous le nom d'Alcatraz. Le dimanche 21 février, son corps y est retrouvé sans vie.
Rares sont ceux qui croient à la version officielle, delon laquelle Kaya, en crise de manque,
se serait brisé le crâne en se jetant contre les murs de sa cellule.
Une contre-expertise menée par un médecin-légiste réunionnais, le Dr Ramstein,
viendra d'ailleurs contredire cette thèse et montrer que la victime a été battue.
Elle n'a pas été, pour reprendre le « Margouillat », victime d'un « accident de mur ».
Les premières émeutes commencent alors dans le quartier de Roche-Bois, d'où Kaya était originaire,
puis s'étendent au reste du pays. Des barrages sont dressés jusque dans les rues de la capitale,
et rapidement la police répond aux manifestants par des tirs à balles réelles,
blessant mortellement Berger Agathe, un ami de Kaya, lui aussi musicien.
Il s'en faut alors de peu pour que Maurice ne verse dans l'affrontement généralisé,
qui marque l'opposition raciale entre les communautés créoles et hindoues.
Depuis l'île s'est reprise, mais l'affaire n'a jamais été résolue. Les gardiens de prison incriminés
sont toujours en poste. Ils n'ont pas été sanctionnés pour l'instant.
Une enquête est en cours, mais semble au point mort.
Et du côté des autorités, c'est désormais le balck-out. Les faits ne sont plus mentionnés.
Dans le temps de parole qui leur a été décerné dans l'audiovisuel lors des dernières élections,
quelques rares partis politiques, minoritaires, ont tenté d'évoquer l'affaire.
Ils ont été censurés.

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le 1er janvier 2017